Créations Picturales, Spatiales & Sonores — Bernard Momboisse
Galerie du Péchaire
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Structure de roches.
Cm H 42,5 x L 44,5
Auto[bio]graphie
Parler de moi, même au travers de mon
parcours, m'est bien plus difficile que de peindre
ou d'écrire de la musique.
Mon parcours est celui d'un autodidacte, en tout
et pour tout. Sur les bancs de l'école, j'y ai très
vite adopté la stratégie de la plante verte,
l'invisibilité comme posture, à côté de la fenêtre,
tout près du radiateur.
Ce n'est que jeune adulte que j'ai commencé à
prendre vie, autour du monde, parcours en auto-
stop et en solo, passant dans un peu plus de
soixante pays sur quatre des cinq continents en
cinq années. C'est au contact de nouvelles
cultures et personnes que ces différents
environnements m'ont structuré et enrichi
d'horizons aussi riches que variés. Une période
d'ouverture sur d'autres philosophies de vie,
d'autres connaissances, souvent orales.
De retour, après quelques expériences
malheureuses, ce sont les œuvres de Vassili
Kandinsky, avec sa peinture et ses écrits, qui m'ont aidé à libérer mon imaginaire. De mon
point de vue, il a ouvert une perspective
jusqu'alors inaccessible et je m'y suis engouffré.
J'y ai un instant croisé Jackson Pollock dans un
univers et une technique familières, et dans une
moindre mesure aperçu Pierre Soulages. J'y ai
vu une texture et un relief singuliers.
Aujourd'hui, je me suis affranchi de mes
références, je délaisse le châssis traditionnel où
je me sens un peu à l'étroit pour aborder la
peinture dans les trois dimensions au moyen de
structures dont le matériau n'a pour vocation
que celle de soutenir le propos, avec toujours
cette prédilection pour le concept véhiculé par le
mot.
Dans une période charnière où les frontières
entre différentes approches se brouillent, la
compréhension par une définition claire de
concepts galvaudés est un impératif à la
stabilité d'une structure mentale saine.
Anectode
Mon jour d'école
Six ans, c'est l'âge auquel l'école est obligatoire, c'est mon âge.
Alignés et rangés deux par deux, assis sur d'inconfortables bancs de bois. Cahier ouvert, buvard en protection, accoudé au pupitre, porte-plume en main.
Aujourd'hui encore, séance d'apprentissage de l'écriture. C'est embêtant, ennuyeux. Prendre l'encre mauve dans l'encrier, puis tracer des pleins et des déliés à l'image de ce qui est au tableau à l'aide du porte-plume est fastidieux, en plus d'être délicat. Nous devons maintenant le reproduire encore et encore sur une pleine page ; heureusement, j'ai trouvé une belle façon de faire cela, j'en suis très content, je trace en tenant la plume à l'envers. Il n'y a pas à dire, le résultat me plaît beaucoup, quelques postillons d'encre, mais c'est quand-même plus joli ! J'en suis sûr, la maîtresse va être contente. Elle a relevé les cahiers. Demain est mon jour ! Elle va me dire que c'est bien. Tout particulièrement entrain, je quitte l'école.
J'y retourne le matin avec la même conviction, j'ai vraiment fait quelque chose de bien. Pourquoi fait-elle traîner ce matin, elle les donne, nos cahiers ? Oui ! Elle n'a rien dit ! J’OUVRE… le cahier s'ouvre presque seul à la bonne page, enfin, si elle était là ; elle l'a A.R.R.A.C.H.É.E. comme elle sait si bien le faire, sa règle métallique adossé, d'un geste sec, envolé.
Elle devait me guetter du coin de l'œil car, à ce moment, le sermon commence, je l'entends à peine. Je n'ai rien dit, je n'ai rien fait, je n'étais plus là, à l'image de la page : EN. VO. LEE… avec cette pensée gravée : CE N'EST PAS À L'ÉCOLE QUE J'APPRENDRAI CE QUE J'AI À APPRENDRE.
Je me le suis rappelé tout au long de ma scolarité.